• La culture aujourd’hui est en peine

     

     

     

    La culture aujourd’hui est en peine ; la cause n’en est pas seulement les baisses de subventions qui détruisent nombre d’actions, soit en les éliminant purement et simplement, soit en les amenuisant tant et tellement qu’elles perdent tout sens et toute force, mais aussi parce qu’on ne sait plus ou que l’on ne veut plus savoir combien la culture est primordiale.

     

    Pourtant, les tristes événements de novembre 2015 ont fait réagir en faveur de l’éducation et la culture, affirmant qu’elles sont essentielles pour éviter l’embrigadement, permettre l’émancipation.
    Mais qui veut d’une population émancipée, qui doute, invente et tutoie ses dirigeants ?


    On a trouvé une parade merveilleuse : La culture commerciale de masse. Cette astuce a infesté jusqu’aux actions culturelles manifestes. Dès lors, avec les meilleures raisons du monde, on accouple culture et occupation ou loisirs, on parle de divertissements culturels, tout se ressemble, on mixe, on panache pour mieux dénaturer et appauvrir. Les pensées sont convenues dans des créations clonées, sans exigences pour ne faire fuir personne. L’art oublie ce pourquoi il est fait. Sait-on que ce mouvement fait aussi se plier, un peu plus de jour en jour, aux exigences de la mode et du commerce jusqu’à la culture dite élitiste? On parle d’industries culturelles sans rougir nullement. On chiffre tout. Des artistes revendiquent même d’être lucratifs.


    Notre volonté de démocratiser la culture est en haillon.
    Pourtant, il existe encore des acteurs culturels investis, enthousiastes, c’est le cas à Valenton. Le service culturel ferraille au quotidien pour que les arts et les sciences tiennent une place authentique dans la ville. C’est épuisant tout autant que profondément satisfaisant. Car côtoyer les œuvres de l’esprit pour les faire partager est un rôle auguste et réjouissant.


    D’ailleurs les encouragements curieux des Valentonnaises et Valentonnais et l’évidence de leurs appétits culturels multiples ne raillent-ils pas les marchands d’ignorance ?

    Nadine Rémy
    Mars 2016