• Exposition "Oscar"

    une exposition du photographe Clément Beraud à l’espace Camille Claudel

     

    Actualités

     

    Vernissage:
    vendredi 1er avril 2016 à 18heures

    Ouverture au public:
    Samedi 2, dimanche 3, samedi 9 et dimanche 10 avril 2016
    de 11h00 à 18heures

    Visites des classes:
    du 4 au 8 avril


    Espace Camille Claudel,
    1 Rue Charles Gounod - 94460 Valenton

     

     

    ActualitésCette exposition s’inscrit dans la suite du projet « Placards et crieurs de    rue à Valenton » 1914-2014, qui a fait partie des actions du centenaire de la guerre de 1914-1918 (Label Mission Centenaire).

       Clément Beraud a hérité de cartes postales de son arrière grand-oncle valentonnais, qui fut un poilu. C’est la correspondance avec sa sœur, arrière grand-mère de Clément, pendant le temps de son service.

       Quand Clément Beraud reçoit ce présent tout droit venu du passé, il ressent le besoin de l’apprivoiser et le comprendre. Il part ainsi à la recherche des larmes, des ébranlements, des saisissements, des messages comme enfouies dans le sol où les combats barbares ont eu lieu et où Oscar, son arrière grand oncle a combattu.

       Ce sont les paysages emprunts de fureur et de silence, où le régiment d’Oscar a séjourné, que Clément photographie. La beauté et la rugosité des images invitent à la méditation, au recueillement tout autant qu’au questionnement. Tout au long de la visite de l’exposition, le temps suspend son vol.

     

     

     

    Clément Beraud raconte:

    « Décembre 2012, je découvre une trentaine de cartes postales d’un autre temps. Elles ont été écrites par Oscar, mon arrière grand-oncle, alors qu’il combattait pendant la guerre de 14-18 et envoyées à sa soeur, mon arrière-grand-mère. Il y relate son ennui, son inquiétude et sa vie dans les tranchées, celle d’un poilu ordinaire qui parle de choses ordinaires dans une situation extraordinaire.

    Oscar avait 19 ans – pas encore la vingtaine – quand il a été appelé sous les drapeaux.

    L’ennemi s’est rendu aux portes de Paris avant de se replier dans l’Aisne. La France a besoin de plus de soldats. La classe de 1915 est mobilisée plus tôt que prévu. Le 19 décembre 1914, Oscar quitte sa famille à Valenton (dans l’actuel Val-de-Marne) et s’apprête à connaître l’enfer des tranchées. Il entre au 10ème bataillon de chasseurs à pied, caserne à Langres et, comme beaucoup de soldats, fera l’Artois, la Somme, Verdun…

    Oscar meurt en 1970, bien après la grande guerre. Mais il est resté marqué: une plaie au crâne, une blessure au bras gauche, un doigt en moins et l’esprit traumatisé. Oscar n’en parlera plus jamais.

    «La grande guerre nous a tous tués, si ce n’était physiquement ce le fut moralement».

    Quatre générations – 100 ans – nous séparent. J’ai 26 ans. Mes pairs n’ont jamais connu la guerre. Depuis la mort du dernier poilu il y a cinq ans, 14-18 sonne maintenant comme une période ancienne, classée dans la boîte Histoire, comme monarchie, révolution française, campagnes napoléoniennes. Et pourtant, comprendre comment et pourquoi cette guerre s’est produite permet de saisir les événements qui en découlent ainsi que notre époque.

    Pour comprendre, je suis retourné sur les lieux où Oscar s’est battu, sur les endroits de France qui, il y a cent ans, ont été le centre de l’attention du monde. J’ai vu les champs qui étaient, autrefois, des «no man’s land», senti l’esprit des tranchées, «l’enfer sur terre».

    Dans ces champs et forêts il y avait des tranchées, des boyaux, des postes de commandement… Photographiés aujourd’hui en argentique, au format 4,5x6, ces paysages, qui ont repris leurs fonctions originelles, évoquent la gravité du lieu. Pour conjurer la mémoire, plutôt que de photographier monuments aux morts, sépultures, mémoriaux, et autres traces «visibles» de notre histoire, j’ai cherché à restituer aux lieux «communs» leur identité passée en intitulant chaque photo par le nom de la tranchée qui la traverse et les coordonnées géographiques, des séquences de chiffres qui ne sont pas sans rappeler les matricules des soldats.

    Mes images s’accompagnent des archives de mon ancêtre. L’ensemble honore mon héritage personnel tout en s’inscrivant dans la question du travail de mémoire collective. »